Synergie
   
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

Communication

Le Lundi 13 Octobre 2008
 
Déjeuner débat avec Monsieur Edward ANTHONY

Déjeuner-Débat du Lundi 13 Octobre 2008 – Le Cercle Boulogne Synergie recevait Edward ANTHONY, Président de l’Université du Littoral, Professeur en morpho-géologie, sur le thème : « Le littoral est-il en danger ? »

 

E. Anthony a d’abord brossé un tableau du contexte global : les humains ont tendance à se rapprocher des côtes…et le niveau des eaux monte, du fait du réchauffement climatique (effet de serre) et donc de la dilatation des océans. Ces nouvelles données thermiques créent également de plus fortes dépressions et donc des tempêtes et de la houle plus fortes. Il existe différents modèles d’élévation du niveau des eaux…mais rien n’est sûr et on constate plutôt un emballement des prévisions !

Localement, deux risques potentiels : les inondations du fait de la montée des eaux et l’érosion  des côtes beaucoup plus localisée. La région de Calais est semblable à la plaine maritime de Dunkerque jusqu’au Danemark. Par contre, Boulogne dépend des différents estuaires (Authie, Canche, Liane) et des inondations potentielles le long des cours d’eau comme la Liane…

 

L’érosion des falaises ne vient pas de la mer (sauf en cas de tempête) qui a plus un rôle d’évacuation, mais de l’exfiltration des eaux de pluie et de drainage agricole.

Le cordon dunaire n’est pas menacé (sauf peut être à Berck où il est plus fin) du fait de l’effet Coriolis (courant vers la droite du à la rotation de la Terre) qui crée un réservoir dunaire vers la France (NB : pas de dune en Angleterre) et amplifie les marées vers la France. Le point d’entrée de cette situation est la Baie de Somme et s’étend jusqu’aux Pays Bas.

Qu’en est-il des constructions sur le littoral ? Comme on ne peut pas agir sur la montée des eaux, sauf à supprimer l’effet de serre et donc toute émission de CO2, il faut évaluer les enjeux et mettre les moyens financiers considérables pour consolider le littoral là où il est menacé : c’est le choix des Pays Bas…car il est vital !

 

Les Maires du littoral (Bernard BRACQ pour Wissant, Paul MALAHUDE pour Ambleteuse, Jean-Pierre PONT pour Neufchâtel Hardelot et Francis RUELLE pour Wimereux) ont eu l’occasion d’exprimer leurs spécificités et leurs efforts locaux. Il s’avère que les situations varient à la fois d’une commune à l’autre mais aussi dans le temps : excès ou manque de sable selon les périodes. Mais de fait, le constat de l’élévation du niveau de la mer est patent.

 

Les budgets investis ou envisagés sont partout très élevés et les effets parfois décevants. La loi BARNIER permet théoriquement d’indemniser les habitations menacées, mais elle n’a jamais été appliquée sur le littoral : qui rachète les propriétés ? L’Etat ? les municipalités ? et la trésorerie ?

 

De ces exposés, il découle que des actions, si elles sont réalisables et finançables, ne peuvent se faire que selon un plan concerté, intercommunal (car le sable voyage…) et harmonieux (choix de solutions techniques) sur tout le littoral, et suivi dans le temps (30 ou 40 ans) pour observer l’évolution des phénomènes physiques. Or ces délais vont bien au-delà des mandats électoraux. Quelles instances pourraient se déclarer compétentes dans ce but ? la CAB ? le SMCO ? le Conseil Régional. Ce qui est sûr, c’est qu’une commune isolée ne pourra pas être efficace à long terme.

 


 

 

 

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