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Déjeuner Débat avec Guy LENGAGNE |
« Le port de Boulogne : le seul enjeu, l’avenir de l’agglomération » La future décentralisation du Port de Boulogne a été le sujet du déjeuner – débat organisé le 17 novembre dernier. La Faïencerie, lieu inhabituel, a servi de cadre à ce déjeuner dont l’invité était Guy Lengagne. Cette décentralisation prévoit l’abandon par l’État de la propriété des ports de Boulogne et de Calais. A Boulogne comme à Calais, les communautés d’agglomération ont d’abord revendiqué la propriété de leur port. Daniel Percheron, président du conseil régional, milite pour que les deux entités portuaires passent sous le giron de la collectivité qu’il préside, soutenu par les deux présidents de chambre de commerce concessionnaires. Un consensus fragile s’est instauré pour instituer deux syndicats mixtes dans lesquels la région aurait 50%, le département 30% et la communauté d’agglomération concernée 20%. Une solution qui n’a pas l’assentiment du président de la CAB. Tour d’horizon Guy Lengagne s’est d’abord livré à un vaste tour d’horizon des réalités du port de Boulogne. Il exprima ses craintes quant à l’emploi, indiquant que l’activité de transformation des produits de la mer n’en créerait plus, sous le double effet de la raréfaction de la ressource et de la concurrence, notamment polonaise, qui commence à se montrer sévère. « Il appartient aux responsables politiques de réagir, de développer les activités existantes, d’en trouver d’autres » lança le député. Illustrant son propos, il mis en avant l’étude commanditée par la CAB sur le devenir du port après l’arrêt de Comilog, affirmant que les 38 hectares ainsi libérés devaient être générateurs d’emploi, remarquant au passage que Capécure, d’une superficie équivalente, en recèle six mille. Il mentionna le port de commerce qui « a une vocation à exploiter des trafics de niche mais nous ne pouvons avoir d’ambitions démesurées car ces activités ne sont pas très créatrices d’emplois ». Il préconisa le développement de la plaisance et celui du transmanche. Il exalta le rôle de Socarenam, observant que « la construction navale a connu une saignée terrible, mais ceux qui restent sont viables ». Il s’interrogea sur l’impact du BGV (bateau à grande vitesse), déclarant y croire en dépit des avis négatifs de spécialistes de ces trafics. Un tiers chacun Ce tour d’horizon devait ramener le président de la communauté d’agglomération au problème de la future propriété du port. Au cours de son exposé, il avait déjà lancé : « Le port est au cœur de l’agglomération, il est à tous les Boulonnais », ce qui donnait le ton… Si Guy Lengagne ne refuse pas une formule au sein de laquelle chaque collectivité (région, département, CAB) aurait un tiers de la propriété au sein du syndicat mixte, il ne veut pas aller au-delà. La région ne trouve pas grâce à ses yeux et le fait savoir haut et fort. Il la tacle d’abord par un rappel historique : à l’origine, Boulogne était Picarde… Il constate que Boulogne est marginalisée au sein de la région : le TGV de Paris passe par Lille. Il lance : « La décentralisation, ce n’est pas la recentralisation sur Lille ». Et lâche sa bombe : « Si la région conserve 50% dans le syndicat mixte, la CAB n’aura plus qu’à se retirer sinon, nous allons nous faire avoir. » Aucun argument venu des commensaux de Boulogne Synergie ne le fera fléchir et surtout pas celui des financements. Avec quelque raison, le député de Boulogne fait remarquer à ceux qui s’inquiètent d’une montée de 20 à 33,3% dans le syndicat mixte qu’un pourcentage dans la propriété ne signifie pas, en matière de structures publiques, le même pourcentage appelé à l’heure du financement des investissements.
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